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Toutefois, si la véracité d’une telle analyse se laisse discuter, force est cependant de constater qu’elle a au moins le mérite mettre tout le monde d’accord sur le fait que la corruption prend des proportions inquiétantes. Analysons dès à présent ses différentes manifestations et partant ses conséquences.II. MANIFESTATIONS ET CONSEQUENES DE LA CORRUPTIONAutant la corruption se décline de plusieurs manières, autant ses effets sont multiples et diversifiés.1.les manifestationsNous distinguerons à la suite de Giorgio Blundo et Olivier de Sardan (5) six variantes de la corruption au Cameroun.La commission : Il s’agit pour l’usager de rétribuer une intervention d’un fonctionnaire lui donnant accès à un bénéfice, à une exemption ou à une remise illicite quelconque : l’intervenant prend donc sa « part », en raison du « service » d’intermédiation qu’il a fourni et/ou du service illégal qu’il a rendu, aux dépens des recettes publiques, ou aux dépens de concurrents. Autrement dit, le fonctionnaire bénéficie d’une partie des gains illicites qu’il a fait obtenir à l’usager par son intervention. Le plus souvent, cette commission est transactionnelle, c’est-à -dire liée à la transaction en question (par exemple, elle correspond à un pourcentage, tantôt âprement négocié, tantôt standardisé, comme les célèbres 10 % que tout bénéficiaire d’un contrat public est censé verser au(x) fonctionnaire (s) grâce à qui il a obtenu le contrat. La commission correspond en général à une intermédiation ou à un service qui lèse l’État. Mais elle peut aussi avoir pour victimes ou co-victimes d’autres opérateurs économiques. On l’aura deviné, ce type de corruption est largement répandue dans le cas classique des appels d’offres « arrangés », où l’adjudicataire n’est généralement pas le plus compétent ni le plus compétitif. La mise sur pied de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP) apparait de fait, comme l’expression de la volonté politique de lutter contre cette forme de corruption. Y parvient-elle ? Difficile à dire en raison de l’absence de données statistiques fiables.La gratification. Tout agent public qui a « bien fait » son travail sera « remercié » par une gratification ex post, laissée certes à l’appréciation de l’usager, mais dont le caractère banalisé et courant fait penser qu’il s’agit plus d’un « pourboire » attendu que d’un « cadeau » exceptionnel. Un infirmier de l’hôpital central qui traite un patient avec « humanité ou efficacité » recevra ainsi sa « cola » en signe de remerciement.Proche dans sa logique ultime de la « commission », cette forme de gratification s’en distingue du point de vue des acteurs, car elle leur semble légitime. Selon ces derniers, elle ne relève pas " le plus souvent " du domaine de la corruption.Le piston. Le système administratif est devenu, de l’avis unanime, complètement perverti par la domination du favoritisme, des signes d’appartenance aux dépens des critères de compétences ou d’efficience. Depuis les nominations et les affectations jusqu’à la délivrance des services aux usagers en passant par les stages et les formations, le « piston », le « copinage » et la « recommandation » se trouvent au coeur des pratiques, et ce, de façon routinière et généralisée. Au Cameroun on peut parler d’« un échange généralisé » de faveurs, qui est d’autant plus vaste que les réseaux des fonctionnaires sont eux-mêmes étendus. Le favoritisme, même s’il est parfois dénoncé, apparaît souvent aux yeux des acteurs comme doté d’une profonde légitimité sociale : refusez de « rendre service » à quelqu’un qui fait partie de vos relations, ou qui vous est recommandé par l’une d’entre elles, expose à une forte réprobation de l’entourage familial, amical, professionnel, religieux, etc.C’est ainsi que de nombreux fonctionnaires camerounais, une fois évincés de leurs postes, se sont retrouvés au rebut de la société. Par cette mise à l’écart, la société entendait les faire payer le lourd tribut réservé à tous ceux qui osent s’affranchir des « codes sociaux ou familiaux ».A y regarder de près, la logique d’équilibre régional qui sous-tend les nominations ministérielles au Cameroun nourrit incidemment cette forme de corruption. Initiée, en effet pour garantir la participation de tous aux affaires de la nation, les ministres et autres fonctionnaires issus de cette logique ont progressivement été perçus par les populations, comme des personnalités chargées de travailler prioritairement pour la région dont elles sont natives. On comprend aisément pourquoi de nombreux grands commis de l’État sont jugés à l’aune de leurs réalisations à l’échelle régionale plutôt que nationale. Tout se passe comme ci, on est d’abord ministre d’un village, d’une région " avec tout ce que cela comporte comme exigences - avant d’être ministre de la nation.D’ailleurs, il y a qu’à voir, la quantité et la teneur des motions de remerciement adressé au chef de l’État par les « les filles et fils » d’une région précise, à la
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